Les fonctions de plusieurs variables constituent un tournant dans ton parcours en mathematiques. En L1, tu passes du monde rassurant des fonctions d’une seule variable a un univers bien plus riche, ou une fonction peut dependre de deux, trois, voire n variables simultanement. Ce chapitre te permettra de maitriser les définitions fondamentales, de comprendre la géométrie des surfaces, de calculer des dérivées partielles et des différentielles, et surtout d’eviter les pieges classiques. Chaque notion est illustree par des exemples concrets et des exercices corriges pour que tu puisses progresser efficacement.
Définition d’une fonction de plusieurs variables
Une fonction de plusieurs variables est une application qui associe a un n-uplet de nombres reels un nombre reel. En pratique, tu travailleras le plus souvent avec des fonctions de deux ou trois variables.
Formellement, une fonction de deux variables est une application f : D ⊂ ℝ² → ℝ qui a tout couple (x, y) appartenant au domaine D associe un reel f(x, y). Par exemple, f(x, y) = x² + y² est une fonction de deux variables qui a tout point du plan associe la somme des carrés de ses coordonnees.
Pour une fonction de trois variables, on ecrit f : D ⊂ ℝ³ → ℝ, avec f(x, y, z) un reel dependant de trois variables independantes. Un exemple classique est f(x, y, z) = x² + y² + z², qui mesure le carré de la distance a l’origine dans l’espace.
📐 A retenir
Une fonction de n variables est une application f : D ⊂ ℝn → ℝ qui associe a chaque n-uplet (x₁, x₂, …, xn) un reel f(x₁, x₂, …, xn). Le nombre n s’appelle la dimension de l’espace de depart.
La difference fondamentale avec les fonctions d’une variable, c’est que tu ne travailles plus sur une courbe dans le plan, mais sur une surface (pour deux variables) ou un objet de dimension supérieure (pour trois variables et plus). Cette richesse géométrique ouvre la porte a de nombreuses applications en physique, en economie et en ingenierie.
Par exemple, la temperature T(x, y) en un point d’une plaque metallique, la pression P(V, T) d’un gaz parfait en fonction du volume et de la temperature, ou encore l’altitude z(x, y) d’un terrain geographique sont toutes des fonctions de plusieurs variables que tu rencontreras frequemment.
Domaine de définition
Le domaine de définition d’une fonction de plusieurs variables est l’ensemble des points ou la fonction est effectivement definie. Pour le determiner, tu dois identifier toutes les contraintes imposees par l’expression de la fonction.
Les restrictions les plus courantes sont :
- Le denominateur ne doit pas s’annuler : si f(x, y) = 1/(x² + y²), alors le point (0, 0) est exclu.
- L’argument d’une racine carrée doit etre positif ou nul : si f(x, y) = √(1 – x² – y²), alors on doit avoir x² + y² ≤ 1, ce qui donne un disque ferme de rayon 1.
- L’argument d’un logarithme doit etre strictement positif : si f(x, y) = ln(x + y), alors x + y > 0.
Pour representer le domaine de définition, tu dessines dans le plan (x, y) la region qui vérifié toutes les contraintes. Les frontieres du domaine sont souvent des courbes (cercles, droites, paraboles) dont tu dois determiner si elles appartiennent ou non au domaine.
💡 Astuce
Pour trouver le domaine, ecris toutes les conditions nécessaires a l’existence de f(x, y), puis represente graphiquement l’intersection de ces conditions dans le plan. Utilise des traits pleins pour les frontieres incluses et des pointilles pour les frontieres exclues.
Prenons un exemple complet : soit f(x, y) = ln(y – x²) / √(4 – x² – y²). Tu as deux conditions a satisfaire simultanement : y – x² > 0 (donc y > x², c’est-a-dire au-dessus de la parabole y = x²) et 4 – x² – y² > 0 (donc x² + y² < 4, c’est-a-dire l’interieur du disque de rayon 2). Le domaine est l’intersection de ces deux regions : la partie du disque ouvert de rayon 2 situee strictement au-dessus de la parabole y = x².
Représentation graphique (surfaces)
Le graphe d’une fonction de deux variables f(x, y) est une surface dans l’espace ℝ³. Chaque point de cette surface a pour coordonnees (x, y, f(x, y)). Visualiser ces surfaces est essentiel pour developper ton intuition géométrique.
Parmi les surfaces classiques que tu dois connaitre :
Pour approfondir ce sujet, consultez notre cours sur la topologie générale en L1.
- Le paraboloide elliptique : z = x² + y². C’est une sorte de bol qui s’ouvre vers le haut, avec un minimum en (0, 0, 0).
- Le paraboloide hyperbolique (selle de cheval) : z = x² – y². Cette surface monte dans la direction x et descend dans la direction y. Le point (0, 0, 0) est un point-selle.
- Le cone : z = √(x² + y²). La surface forme un cone de revolution autour de l’axe z.
- La sphere : x² + y² + z² = R². Attention, ce n’est pas le graphe d’une fonction (un meme couple (x, y) peut donner deux valeurs de z).
Les courbes de niveau sont un outil precieux pour representer une surface en deux dimensions. Une courbe de niveau de valeur c est l’ensemble des points (x, y) tels que f(x, y) = c. C’est le meme principe que les courbes d’altitude sur une carte topographique.
Pour le paraboloide z = x² + y², les courbes de niveau sont des cercles centres a l’origine : x² + y² = c, avec c ≥ 0. Plus c augmente, plus le cercle est grand, ce qui indique que la surface monte quand on s’eloigne de l’origine.
Pour la selle z = x² – y², les courbes de niveau sont des hyperboles (pour c ≠ 0) et deux droites croisees (pour c = 0). Cette forme traduit le changement de courbure selon la direction.
⚠️ Erreur frequente
Ne confonds pas le graphe de la fonction (une surface dans ℝ³) avec les courbes de niveau (des courbes dans ℝ²). Les courbes de niveau sont les « tranches horizontales » de la surface, projetees dans le plan (x, y).
Limites et continuite
La notion de limite pour une fonction de plusieurs variables est plus delicate que pour une seule variable. Quand tu ecris que f(x, y) tend vers L quand (x, y) tend vers (a, b), cela signifie que f(x, y) se rapproche de L quel que soit le chemin emprunte pour s’approcher de (a, b).
C’est la grande difference avec les fonctions d’une variable, ou tu n’avais que deux directions possibles (la gauche et la droite). Ici, tu peux arriver au point (a, b) par une infinite de chemins : des droites de toutes les pentes, des paraboles, des spirales, etc.
📐 A retenir
On dit que lim(x,y)→(a,b) f(x, y) = L si pour tout ε > 0, il existe δ > 0 tel que pour tout (x, y) verifiant 0 < √((x-a)² + (y-b)²) < δ, on a |f(x, y) - L| < ε.
Pour montrer qu’une limite n’existe pas, il suffit de trouver deux chemins differents qui donnent des limites differentes. C’est la méthode la plus efficace.
Prenons f(x, y) = xy / (x² + y²) au voisinage de (0, 0). Le long de l’axe des x (y = 0), f(x, 0) = 0. Le long de la droite y = x, f(x, x) = x² / (2x²) = 1/2. Deux chemins donnent deux résultats differents : la limite n’existe pas.
Pour montrer qu’une limite existe, tu peux utiliser le passage en coordonnees polaires : x = r cos(θ), y = r sin(θ). Si l’expression obtenue tend vers L quand r → 0, independamment de θ, alors la limite vaut L.
Par exemple, f(x, y) = x²y / (x² + y²). En polaires : f = r³ cos²(θ) sin(θ) / r² = r cos²(θ) sin(θ). Comme |cos²(θ) sin(θ)| ≤ 1, on a |f| ≤ r → 0. La limite est 0.
Retrouvez les détails dans notre fiche sur les équations différentielles en L1.
La continuite se definit comme pour les fonctions d’une variable : f est continue en (a, b) si la limite de f en (a, b) existe et vaut f(a, b). Les fonctions construites a partir d’opérations algébriques et de fonctions usuelles sont continues sur leur domaine de définition.
Dérivées partielles
La dérivée partielle est la généralisation naturelle de la dérivée ordinaire aux fonctions de plusieurs variables. L’idee est simple : tu derives par rapport a une variable en traitant toutes les autres comme des constantes.
📐 A retenir
Les dérivées partielles de f(x, y) sont definies par :
∂f/∂x (x, y) = limh→0 [f(x + h, y) – f(x, y)] / h
∂f/∂y (x, y) = limh→0 [f(x, y + h) – f(x, y)] / h
En pratique, pour calculer ∂f/∂x, tu derives f par rapport a x en considerant y comme une constante, et inversement pour ∂f/∂y.
Prenons f(x, y) = x³y + 2xy² – 3x + 5y.
- ∂f/∂x = 3x²y + 2y² – 3 (on derive par rapport a x, y est traite comme une constante)
- ∂f/∂y = x³ + 4xy + 5 (on derive par rapport a y, x est traite comme une constante)
Les dérivées partielles d’ordre supérieur s’obtiennent en derivant a nouveau. Tu peux deriver deux fois par rapport a x (∂²f/∂x²), deux fois par rapport a y (∂²f/∂y²), ou en croisant (∂²f/∂x∂y et ∂²f/∂y∂x).
Le théorème de Schwarz affirme que si les dérivées partielles croisees sont continues, alors elles sont egales : ∂²f/∂x∂y = ∂²f/∂y∂x. En pratique, c’est presque toujours le cas pour les fonctions que tu rencontreras en L1.
💡 Astuce
Quand tu calcules une dérivée partielle, souligne ou entoure la variable par rapport a laquelle tu derives. Cela t’aide a ne pas oublier quelles variables sont traitees comme constantes. Par exemple, pour ∂f/∂x de f(x, y) = x²y³, souligne x et traite y³ comme un coefficient constant : le résultat est 2xy³.
L’interprétation géométrique de la dérivée partielle ∂f/∂x en un point (a, b) est la pente de la surface z = f(x, y) dans la direction de l’axe des x, au point (a, b, f(a, b)). De meme, ∂f/∂y donne la pente dans la direction de l’axe des y.
Gradient
Le gradient d’une fonction f de n variables est le vecteur dont les composantes sont les dérivées partielles de f. C’est un objet fondamental en analyse multivariable.
Pour une fonction de deux variables, le gradient est :
∇f(x, y) = (∂f/∂x, ∂f/∂y)
Pour trois variables :
∇f(x, y, z) = (∂f/∂x, ∂f/∂y, ∂f/∂z)
Le gradient possede deux propriétés géométriques majeures :
- Direction de plus grande pente : en chaque point, le gradient pointe dans la direction ou la fonction croit le plus rapidement. Si tu veux monter le plus vite possible sur une surface, suis la direction du gradient.
- Orthogonalite aux courbes de niveau : le gradient est perpendiculaire aux courbes de niveau de la fonction. Sur une carte topographique, le gradient pointe « droit vers le haut de la pente », perpendiculairement aux lignes d’altitude.
La norme du gradient, ||∇f||, mesure la rapidite de variation de f dans la direction de plus grande pente. Un gradient de grande norme signifie que la fonction varie brutalement ; un gradient nul indique un point critique (maximum, minimum ou point-selle).
Ce thème est développé dans notre article sur la géométrie analytique en L1.
📐 A retenir
Le gradient ∇f en un point (a, b) est le vecteur (∂f/∂x(a,b), ∂f/∂y(a,b)). Il pointe dans la direction de plus forte croissance de f et est perpendiculaire a la courbe de niveau passant par (a, b). Sa norme donne le taux de variation maximal.
Prenons f(x, y) = x² + 3y². Alors ∇f = (2x, 6y). Au point (1, 1), le gradient vaut (2, 6). La direction de plus grande pente est (2, 6), soit approximativement 71,6° par rapport a l’axe des x. Les courbes de niveau sont des ellipses x² + 3y² = c, et le gradient au point (1, 1) est bien perpendiculaire a l’ellipse passant par ce point.
Différentielle
La différentielle est l’approximation lineaire d’une fonction de plusieurs variables au voisinage d’un point. Elle generalise la notion de « meilleure approximation affine » des fonctions d’une variable.
Si f est differentiable en (a, b), alors au voisinage de ce point :
f(a + h, b + k) ≈ f(a, b) + ∂f/∂x(a, b) · h + ∂f/∂y(a, b) · k
La différentielle de f en (a, b) est l’application lineaire :
df(a,b)(h, k) = ∂f/∂x(a, b) · h + ∂f/∂y(a, b) · k
On note souvent de maniere abregee : df = (∂f/∂x) dx + (∂f/∂y) dy.
💡 Astuce
La différentielle sert a estimer de petites variations. Si tu connais f(a, b) et que tu fais varier x de dx et y de dy, alors la variation de f est approximativement df = (∂f/∂x) dx + (∂f/∂y) dy. C’est tres utile pour les calculs d’incertitude en physique.
Attention : l’existence des dérivées partielles ne garantit pas la differentiabilite. Une fonction peut avoir des dérivées partielles en un point sans etre differentiable (ni meme continue) en ce point. En revanche, si les dérivées partielles existent et sont continues au voisinage du point, alors la fonction est differentiable : c’est le théorème suffisant de differentiabilite.
Le plan tangent a la surface z = f(x, y) au point (a, b, f(a, b)) a pour équation :
z = f(a, b) + ∂f/∂x(a, b) · (x – a) + ∂f/∂y(a, b) · (y – b)
Ce plan est la traduction géométrique de la différentielle : il « colle » a la surface au point considere et constitue la meilleure approximation plane de la surface au voisinage de ce point.
Par exemple, pour f(x, y) = x² + y² au point (1, 2), on a f(1, 2) = 5, ∂f/∂x = 2x = 2, ∂f/∂y = 2y = 4. Le plan tangent est z = 5 + 2(x – 1) + 4(y – 2) = 2x + 4y – 5.
Erreurs frequentes
⚠️ Erreur frequente
Confondre limite le long d’un chemin et limite globale. Ce n’est pas parce que la limite existe le long de tous les chemins droits y = mx que la limite globale existe. Il faut aussi tester des chemins courbes (y = x², y = x³, etc.). Par exemple, f(x, y) = x²y / (x&sup4; + y²) a la meme limite 0 le long de toutes les droites y = mx, mais le long de y = x², la limite vaut 1/2.
⚠️ Erreur frequente
Voir aussi : les probabilités et statistiques en L1 pour compléter vos connaissances.
Oublier de traiter les autres variables comme des constantes. Quand tu calcules ∂f/∂x de f(x, y) = x sin(xy), tu dois appliquer la regle du produit en derivant par rapport a x : ∂f/∂x = sin(xy) + xy cos(xy), et non simplement sin(xy) + x cos(xy) ou tu aurais oublie de deriver le xy a l’interieur du sinus.
⚠️ Erreur frequente
Croire que dérivées partielles existantes implique differentiabilite. L’existence des dérivées partielles est une condition nécessaire mais pas suffisante. La fonction f(x, y) = xy / √(x² + y²) (prolongee par 0 en l’origine) admet des dérivées partielles en (0, 0) mais n’y est pas differentiable.
⚠️ Erreur frequente
Mal orienter le gradient. Le gradient pointe dans la direction de plus grande croissance, pas de decroissance. Si tu cherches la direction ou la fonction diminue le plus vite, c’est -∇f qu’il faut prendre (c’est le principe de la descente de gradient en optimisation).
Exercices corriges
Exercice 1 : Domaine de définition
✏️ Exercice
Determine le domaine de définition de f(x, y) = √(9 – x² – y²) + ln(x + y – 1).
✅ Voir la correction
Deux conditions a satisfaire simultanement :
1) Pour la racine : 9 – x² – y² ≥ 0, donc x² + y² ≤ 9 (disque ferme de rayon 3).
2) Pour le logarithme : x + y – 1 > 0, donc x + y > 1 (demi-plan au-dessus de la droite x + y = 1).
Le domaine D est l’intersection de ces deux ensembles : la partie du disque ferme de rayon 3 situee strictement au-dessus de la droite x + y = 1. La frontiere du disque est incluse (trait plein) mais la droite x + y = 1 est exclue (pointilles).
Exercice 2 : Limite en (0, 0)
✏️ Exercice
Etudie la limite de f(x, y) = (x² – y²) / (x² + y²) quand (x, y) → (0, 0).
✅ Voir la correction
Testons deux chemins differents :
Le long de l’axe des x (y = 0) : f(x, 0) = x² / x² = 1.
Le long de l’axe des y (x = 0) : f(0, y) = -y² / y² = -1.
Les limites sont differentes selon le chemin choisi (1 ≠ -1), donc la limite de f en (0, 0) n’existe pas.
Exercice 3 : Dérivées partielles
✏️ Exercice
Calcule les dérivées partielles de f(x, y) = ex²y + ln(x + 2y).
✅ Voir la correction
∂f/∂x : on derive par rapport a x en traitant y comme une constante.
– Dérivée de ex²y par rapport a x : la dérivée de x²y par rapport a x est 2xy, donc par composition on obtient 2xy · ex²y.
– Dérivée de ln(x + 2y) par rapport a x : 1 / (x + 2y).
Donc ∂f/∂x = 2xy · ex²y + 1 / (x + 2y).
∂f/∂y : on derive par rapport a y en traitant x comme une constante.
– Dérivée de ex²y par rapport a y : la dérivée de x²y par rapport a y est x², donc on obtient x² · ex²y.
– Dérivée de ln(x + 2y) par rapport a y : 2 / (x + 2y).
Donc ∂f/∂y = x² · ex²y + 2 / (x + 2y).
Exercice 4 : Gradient et plan tangent
✏️ Exercice
Nous vous conseillons également notre cours sur les espaces vectoriels et matrices.
Soit f(x, y) = x³ – 3xy + y³. Calcule le gradient de f au point (1, 2) et determine l’équation du plan tangent a la surface z = f(x, y) en ce point.
✅ Voir la correction
Calculons les dérivées partielles :
∂f/∂x = 3x² – 3y et ∂f/∂y = -3x + 3y².
Au point (1, 2) :
∂f/∂x(1, 2) = 3(1)² – 3(2) = 3 – 6 = -3
∂f/∂y(1, 2) = -3(1) + 3(2)² = -3 + 12 = 9
Le gradient est ∇f(1, 2) = (-3, 9).
f(1, 2) = 1 – 6 + 8 = 3.
L’équation du plan tangent est : z = 3 + (-3)(x – 1) + 9(y – 2) = 3 – 3x + 3 + 9y – 18 = -3x + 9y – 12.
Soit z = -3x + 9y – 12.
Exercice 5 : Différentielle et approximation
✏️ Exercice
Soit f(x, y) = √(x² + y²). Utilise la différentielle pour estimer f(3.02, 3.97).
✅ Voir la correction
On choisit le point (a, b) = (3, 4) proche de (3.02, 3.97), avec dx = 0.02 et dy = -0.03.
f(3, 4) = √(9 + 16) = √25 = 5.
∂f/∂x = x / √(x² + y²), donc ∂f/∂x(3, 4) = 3/5 = 0.6.
∂f/∂y = y / √(x² + y²), donc ∂f/∂y(3, 4) = 4/5 = 0.8.
df = 0.6 × 0.02 + 0.8 × (-0.03) = 0.012 – 0.024 = -0.012.
Donc f(3.02, 3.97) ≈ 5 + (-0.012) = 4.988.
Vérification : la valeur exacte est √(9.1204 + 15.7609) = √(24.8813) ≈ 4.98812. L’approximation est tres precise.
FAQ
Quelle est la difference entre dérivée partielle et dérivée totale ?
La dérivée partielle ∂f/∂x mesure la variation de f quand seul x varie, les autres variables restant fixes. La dérivée totale (ou différentielle) prend en compte la variation simultanee de toutes les variables. Si x et y dependent eux-memes d’un parametre t, la dérivée totale df/dt s’obtient par la regle de la chaine : df/dt = (∂f/∂x)(dx/dt) + (∂f/∂y)(dy/dt).
Comment savoir si une fonction de deux variables est continue en un point ?
Si la fonction est construite a partir d’opérations algébriques et de fonctions usuelles (polynomes, exponentielles, sinus, logarithmes, etc.), elle est continue sur tout son domaine de définition. Les problèmes de continuite se posent uniquement aux points ou la fonction est prolongee par une valeur specifique (typiquement l’origine). Dans ce cas, tu dois vérifier que la limite de la fonction en ce point existe et vaut la valeur du prolongement.
A quoi sert le gradient en pratique ?
Le gradient intervient dans de nombreux domaines. En physique, le champ electrique est l’oppose du gradient du potentiel. En optimisation, la méthode de descente de gradient utilise -∇f pour trouver les minima d’une fonction (c’est le fondement de l’apprentissage automatique). En meteorologie, le gradient de pression indique la direction du vent.
Peut-on toujours utiliser les coordonnees polaires pour calculer une limite ?
Les coordonnees polaires sont un outil puissant mais pas universel. Elles fonctionnent bien quand la fonction a une expression « homogene » en x et y. Si apres passage en polaires, l’expression depend encore de l’angle θ et ne tend pas vers une valeur unique quand r → 0, alors la limite n’existe pas. Inversement, si l’expression est majoree par une puissance de r qui tend vers 0, la limite existe et vaut 0.
Le théorème de Schwarz est-il toujours valable ?
Le théorème de Schwarz (∂²f/∂x∂y = ∂²f/∂y∂x) necessite que les dérivées partielles croisees soient continues au voisinage du point considere. Sans cette hypothèse, l’egalite peut etre mise en defaut. Un contre-exemple classique est f(x, y) = xy(x² – y²)/(x² + y²) (prolongee par 0 en l’origine), pour laquelle ∂²f/∂x∂y(0, 0) = 1 mais ∂²f/∂y∂x(0, 0) = -1. En pratique, dans les exercices de L1, les conditions du théorème sont presque toujours verifiees.
Articles du même niveau (Licence 1)
- la géométrie analytique en L1
- les probabilités et statistiques en L1
- la topologie générale en L1
- les espaces vectoriels et matrices
- les équations différentielles en L1
- la logique et les ensembles en L1
Pour aller plus loin
- la combinatoire et le dénombrement (niveau Terminale)
- l’intégration et les équations différentielles (niveau Licence 2)
Ingénieur de formation, professeur des écoles et passionné par l’enseignement.







