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Vacances scolaires et jours fériés Espagne 2025-2026

vacances scolaires et jours fériés en espagne - Inimath

L’Espagne compte 10 jours fériés nationaux par an. La France en déclare 11. Un seul jour d’écart, et pourtant les calendriers des deux pays n’ont presque rien en commun. Dates mobiles, fêtes régionales, ponts à géométrie variable : le système espagnol fonctionne selon une logique décentralisée où chaque communauté autonome ajoute ses propres jours chômés. Résultat : deux Espagnols vivant à 200 km l’un de l’autre peuvent avoir des calendriers de vacances radicalement différents.

Pour les 270 000 Français installés en Espagne — et les 62 000 enfants scolarisés dans le pays — comprendre ce calendrier est une nécessité pratique. Et pour les élèves, une question se pose : comment ces rythmes scolaires influencent-ils l’apprentissage des mathématiques ? Les données PISA révèlent une surprise de taille. L’Espagne, longtemps distancée par la France en maths, l’a quasiment rattrapée en 20 ans. Étudions les chiffres.

Sommaire :

Les jours fériés nationaux en Espagne : 2025 et 2026

L’Espagne fixe chaque année 10 jours fériés nationaux par décret royal, publié au BOE (Boletín Oficial del Estado). Certaines dates sont fixes. D’autres, comme le Jeudi Saint ou le Vendredi Saint, dépendent du calendrier liturgique. Cette variabilité crée des configurations de ponts différentes chaque année.

Tableau des jours fériés nationaux 2025

Date Jour Fête Pont possible ?
1er janvier Mercredi Año Nuevo (Nouvel An) Non
6 janvier Lundi Reyes Magos (Rois Mages) Oui — week-end de 3 jours
17 avril Jeudi Jueves Santo (Jeudi Saint) Oui — pont du vendredi
18 avril Vendredi Viernes Santo (Vendredi Saint) Oui — week-end de 4 jours
1er mai Jeudi Día del Trabajo (Fête du Travail) Oui — pont du vendredi
15 août Vendredi Asunción (Assomption) Oui — week-end de 3 jours
12 octobre Dimanche Fiesta Nacional (Fête Nationale) Non — tombe un dimanche
1er novembre Samedi Todos los Santos (Toussaint) Non — tombe un samedi
6 décembre Samedi Día de la Constitución Non — tombe un samedi
8 décembre Lundi Inmaculada Concepción Oui — week-end de 3 jours
25 décembre Jeudi Navidad (Noël) Oui — pont du vendredi

En 2025, 5 fériés tombent un jour de semaine favorable (jeudi, vendredi ou lundi). Cela représente 50 % des jours fériés. Deux tombent un samedi ou un dimanche, ce qui les « neutralise » pour les salariés. Un calcul simple : sur les 365 jours de 2025, un Espagnol dispose d’environ 8 jours fériés effectivement chômés en semaine, soit 2,2 % de l’année.

Tableau des jours fériés nationaux 2026

Date Jour Fête Pont possible ?
1er janvier Jeudi Año Nuevo (Nouvel An) Oui — pont du vendredi
6 janvier Mardi Reyes Magos (Rois Mages) Oui — pont du lundi
2 avril Jeudi Jueves Santo (Jeudi Saint) Oui — pont du vendredi
3 avril Vendredi Viernes Santo (Vendredi Saint) Oui — week-end de 4 jours
1er mai Vendredi Día del Trabajo (Fête du Travail) Oui — week-end de 3 jours
15 août Samedi Asunción (Assomption) Non — tombe un samedi
12 octobre Lundi Fiesta Nacional (Fête Nationale) Oui — week-end de 3 jours
1er novembre Dimanche Todos los Santos (Toussaint) Non — tombe un dimanche
8 décembre Mardi Inmaculada Concepción Oui — pont du lundi
25 décembre Vendredi Navidad (Noël) Oui — week-end de 3 jours

L’année 2026 s’annonce généreuse. Sur 10 fériés nationaux, 8 tombent en semaine. Quatre ponts sont garantis : le 3 avril (Vendredi Saint, adossé au Jeudi Saint), le 1er mai (vendredi), le 12 octobre (lundi) et le 25 décembre (vendredi). Comparons : en 2025, seuls 2 ponts étaient automatiques. L’année 2026 offre donc le double de week-ends prolongés sans poser de congé.

Un exercice de probabilités pour les amateurs de maths : si un jour férié tombe aléatoirement sur n’importe quel jour de la semaine, la probabilité qu’il crée un pont naturel (lundi ou vendredi) est de 2/7, soit environ 28,6 %. Avec 10 fériés, on attend statistiquement 2,86 ponts par an. En obtenir 4 en 2026, c’est 40 % au-dessus de l’espérance mathématique.

Les jours fériés par communauté autonome : 17 calendriers différents

L’Espagne n’est pas un pays unitaire sur le plan calendaire. Chaque communauté autonome dispose de 2 à 3 jours fériés supplémentaires. Les mairies ajoutent encore 2 fêtes locales. Au total, un Espagnol bénéficie de 14 jours fériés par an : 10 nationaux + 2 régionaux + 2 locaux. C’est 3 de plus qu’en France (11 jours fériés fixes).

Cette décentralisation produit un puzzle combinatoire intéressant. 17 communautés avec chacune 2 à 3 dates propres, plus des milliers de communes avec leurs fêtes patronales : le nombre de calendriers distincts en Espagne se compte en milliers. Un employé qui déménage de Barcelone à Séville change de calendrier férié. Les entreprises multi-régionales doivent gérer cette mosaïque au quotidien.

Tableau des fêtes régionales principales par communauté autonome (2026)

Communauté autonome Fête(s) régionale(s) Date(s)
Andalousie Día de Andalucía 28 février
Aragon Día de Aragón (San Jorge) 23 avril
Asturies Día de Asturias 8 septembre
Îles Baléares Día de les Illes Balears 1er mars
Îles Canaries Día de Canarias 30 mai
Cantabrie Día de las Instituciones 28 juillet
Castille-La Manche Día de Castilla-La Mancha + Corpus Christi 31 mai + 4 juin
Castille-et-León Día de Castilla y León 23 avril
Catalogne Diada + Sant Joan + Sant Esteve 11 septembre + 24 juin + 26 décembre
Estrémadure Día de Extremadura 8 septembre
Galice Día de Galicia (Santiago Apóstol) 25 juillet
Madrid Dos de Mayo + San Isidro + Almudena 2 mai + 15 mai + 9 novembre
Murcie Día de la Región de Murcia 9 juin
Navarre San Fermín (informel) + Día de Navarra 7 juillet + 3 décembre
Pays basque Jour du Pays basque (Aberri Eguna) Dimanche de Pâques (variable)
La Rioja Día de La Rioja 9 juin
Valence Las Fallas + Día de la Comunitat Valenciana 19 mars + 9 octobre

Observez la Catalogne : 3 fêtes régionales, dont le 26 décembre (Sant Esteve), lendemain de Noël. Madrid en compte également 3, étalées entre mai et novembre. La Catalogne et Madrid sont les deux seules communautés à cumuler 3 jours régionaux. Les autres se limitent à 1 ou 2.

Conséquence mathématique directe : un élève catalan dispose de 3 jours chômés de plus qu’un élève murcien au niveau régional. Sur une année scolaire de 175 jours, cela représente un écart de 1,7 % du temps de classe. Multipliez par 12 années de scolarité obligatoire : l’écart cumulé atteint environ 36 jours, soit près de 7 semaines de classe.

Les ponts et week-ends prolongés en 2026 : calculer ses jours de repos

Le « puente » (pont) est une institution en Espagne. Les entreprises et les écoles l’intègrent dans leur planification annuelle. En 2026, la configuration du calendrier offre des opportunités particulièrement intéressantes.

Les 4 ponts garantis de 2026

  • Vendredi 3 avril (Vendredi Saint) : adossé au Jeudi Saint du 2 avril, il forme un week-end de 4 jours du jeudi au dimanche. Aucun congé à poser.
  • Vendredi 1er mai (Fête du Travail) : week-end de 3 jours automatique.
  • Lundi 12 octobre (Fête Nationale) : week-end de 3 jours automatique.
  • Vendredi 25 décembre (Noël) : week-end de 3 jours. En Catalogne, le 26 décembre (Sant Esteve, samedi) prolonge encore la pause.

Les ponts à construire en 2026

Trois fériés tombent un mardi en 2026 : le 6 janvier, le 8 décembre, et potentiellement des fêtes régionales. Pour chaque mardi férié, il suffit de poser le lundi pour obtenir un week-end de 4 jours. Le coût : 1 jour de congé pour 4 jours de repos. Le ratio est de 1:4, soit un « rendement » de 300 %.

Comparons avec un férié tombant un mercredi. Il faut poser 2 jours (lundi-mardi ou jeudi-vendredi) pour obtenir 5 jours de repos. Le ratio passe à 2:5, soit 150 %. Le mardi et le jeudi fériés offrent le meilleur rendement de pont après le lundi et le vendredi (qui ne nécessitent aucun jour de congé).

Optimisation mathématique des congés 2026

Voici un problème d’optimisation concret. Un salarié dispose de 22 jours de congés payés (moyenne espagnole). Comment maximiser le nombre de jours de repos total ?

Stratégie optimale pour 2026 :

  • Poser le lundi 5 janvier (1 jour) → 4 jours de repos (sam 3 au mar 6)
  • Poser du 30 mars au 1er avril (3 jours) → 9 jours de repos (sam 28 mars au dim 5 avril)
  • Poser le lundi 7 décembre (1 jour) → 4 jours de repos (sam 5 au mar 8)
  • Poser du 21 au 24 décembre (4 jours) → 10 jours de repos (sam 19 au dim 28)

Avec seulement 9 jours de congés stratégiquement placés, on obtient 27 jours de repos supplémentaires. Il reste 13 jours de congés pour les vacances d’été. Le ratio global : 9 jours posés pour 27 jours libérés, soit un multiplicateur de 3.

Calendrier scolaire Espagne vs France : des rythmes opposés

Les deux pays voisins adoptent des philosophies radicalement différentes pour organiser l’année scolaire. Ces divergences se mesurent en chiffres précis.

Comparaison chiffrée des deux systèmes

Critère Espagne France
Jours de classe par an ~175 ~180-185
Périodes de vacances 3 (Noël, Semana Santa, été) 5 (Toussaint, Noël, février, printemps, été)
Durée vacances d’été ~11 semaines (mi-juin à mi-septembre) ~8 semaines (juillet-août)
Vacances de Toussaint Inexistantes 2 semaines
Vacances de février Inexistantes 2 semaines
Organisation Décentralisée (17 calendriers) Centralisée (3 zones)
Rentrée 2025 8 septembre 2025 1er septembre 2025
Fin d’année 3e-4e semaine de juin 2026 Début juillet 2026

Vacances scolaires 2025-2026 en Espagne

Le calendrier scolaire espagnol 2025-2026 se décompose en trois grandes périodes de cours :

  • 1er trimestre : du 8 septembre au 19 décembre 2025 (~15 semaines)
  • 2e trimestre : du 8 janvier au 27 mars 2026 (~12 semaines)
  • 3e trimestre : du 7 avril au 19-26 juin 2026 (~11 semaines)

Les vacances s’intercalent ainsi :

  • Noël : du 22 décembre 2025 au 7 janvier 2026 (~2,5 semaines)
  • Semana Santa : du 30 mars au 6 avril 2026 (~1 semaine)
  • Été : de la 3e-4e semaine de juin à début septembre (~11 semaines)

Le contraste avec la France saute aux yeux. L’élève français dispose de 5 coupures régulières qui fragmentent l’année en périodes de 6 à 7 semaines. L’élève espagnol enchaîne 15 semaines d’affilée en début d’année, sans aucune pause.

L’impact sur les maths : le problème des longues périodes

Les chercheurs en sciences de l’éducation s’accordent sur un point : les mathématiques souffrent davantage des longues interruptions que les compétences linguistiques. C’est le phénomène du « summer learning loss », la perte d’acquis pendant les vacances d’été.

Avec 11 semaines de vacances estivales, l’Espagne expose ses élèves à un risque de perte de compétences mathématiques supérieur de 37,5 % à celui de la France (11 semaines vs 8 semaines). Trois semaines supplémentaires sans pratiquer les fractions, les équations ou la géométrie.

Pourtant, l’absence de vacances de Toussaint et de février en Espagne crée un autre avantage : des périodes de cours longues et continues qui permettent d’approfondir les sujets. Le premier trimestre espagnol de 15 semaines offre un bloc de travail quasi ininterrompu. En France, ce même trimestre est coupé par 2 semaines de vacances de Toussaint.

Quel système produit de meilleurs résultats en maths ? Les données PISA fournissent une réponse inattendue.

PISA maths : quand l’Espagne rattrape la France

Le Programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA) évalue tous les 3 ans les compétences en maths des élèves de 15 ans dans les pays de l’OCDE. Les résultats de ces 20 dernières années racontent une histoire que personne n’avait prévue.

L’évolution des scores PISA en mathématiques

Année PISA France Espagne Écart (pts)
2003 511 485 26
2006 496 480 16
2009 497 483 14
2012 495 484 11
2015 493 486 7
2018 495 481 14
2022 474 473 1

Les chiffres sont saisissants. En 2003, la France devançait l’Espagne de 26 points. En 2022, l’écart n’est plus que de 1 point. Un seul petit point sur une échelle de 600.

Analyse mathématique de la convergence

Décomposons ces trajectoires. La France a perdu 37 points en 19 ans (de 511 à 474). L’Espagne n’en a perdu que 12 (de 485 à 473). Le taux de déclin annuel moyen de la France atteint 1,95 point par an. Celui de l’Espagne : 0,63 point par an. La France chute trois fois plus vite.

Si on prolonge ces tendances linéairement — exercice de modélisation classique — l’Espagne dépasse la France dès la prochaine édition PISA. Plus précisément, en posant les équations :

  • Score France(t) = 511 – 1,95t (où t = années depuis 2003)
  • Score Espagne(t) = 485 – 0,63t
  • Égalité : 511 – 1,95t = 485 – 0,63t → 1,32t = 26 → t ≈ 19,7 ans

L’intersection théorique se situe en 2022,7, soit fin 2022. Les données réelles confirment ce modèle avec une précision remarquable : fin 2022, l’écart était effectivement quasi nul (1 point).

Le paradoxe des vacances longues

Comment expliquer que l’Espagne, avec 11 semaines d’été (contre 8 en France) et moins de jours de classe (175 contre 180-185), ait rattrapé la France en maths ? Plusieurs facteurs entrent en jeu :

  • La réforme LOMLOE (2020) a renforcé l’enseignement des compétences mathématiques avec une approche par problèmes concrets.
  • Les maths obligatoires durant les 4 ans d’ESO (12-16 ans) garantissent une exposition continue, sans possibilité de les abandonner prématurément.
  • Le premier trimestre long de 15 semaines permet une immersion profonde en début d’année, sans la fragmentation française.
  • Le déclin français est structurel : réduction des heures de maths au lycée, réforme du bac 2019, crise d’attractivité du métier d’enseignant.

Ce paradoxe soulève une question fondamentale : la durée des vacances importe-t-elle moins que la continuité de l’enseignement pendant les périodes de cours ?

Le système scolaire espagnol et les mathématiques

Pour comprendre comment les élèves espagnols apprennent les maths, il faut décrypter la structure du système éducatif. Celle-ci diffère sensiblement du modèle français.

Les 3 cycles du système espagnol

Cycle Âge Équivalent français Mathématiques
Educación Primaria 6-12 ans École élémentaire Obligatoires, ~4h/semaine
ESO (Educación Secundaria Obligatoria) 12-16 ans Collège + seconde Obligatoires 4 ans, ~4h/semaine
Bachillerato 16-18 ans Première + terminale Selon filière, 3-4h/semaine

Différence majeure avec la France : l’ESO dure 4 ans (de 12 à 16 ans) et les mathématiques y sont obligatoires pendant la totalité du cycle. En France, un élève de seconde peut déjà réduire son exposition aux maths selon ses choix de spécialités dès la première.

La loi LOMLOE, adoptée en 2020 et pleinement appliquée depuis 2023, a restructuré l’enseignement des maths en Espagne. L’accent est mis sur la résolution de problèmes contextualisés, le raisonnement logique et la modélisation. Moins de calcul formel, plus de compréhension des concepts.

La Selectividad : l’épreuve qui compte

L’examen d’accès à l’université espagnole s’appelle la Selectividad (ou EBAU depuis 2017 : Evaluación de Bachillerato para el Acceso a la Universidad). Les mathématiques y figurent comme épreuve obligatoire pour les élèves du Bachillerato de Sciences.

L’examen dure 90 minutes. Il couvre l’analyse (fonctions, dérivées, intégrales), l’algèbre (matrices, systèmes), la géométrie et les probabilités. Le niveau correspond grosso modo à une terminale générale française avec spécialité maths, mais sans l’option « maths expertes » qui n’existe pas en Espagne.

Cette absence de niveau avancé équivalent aux maths expertes françaises crée un plafond. Les meilleurs élèves espagnols atteignent un niveau inférieur aux meilleurs élèves français. En revanche, le niveau médian est plus homogène. C’est précisément ce que mesure PISA : la compétence du plus grand nombre, pas l’excellence d’une élite.

Maths en Espagne vs maths en France : synthèse

Critère Espagne France
Maths obligatoires jusqu’à 16 ans (fin ESO) 15 ans (fin 3e) *
Option maths avancées Non Oui (maths expertes)
Approche pédagogique Problèmes concrets (LOMLOE) Abstraction + formalisme
Examen final Selectividad/EBAU (90 min) Bac spécialité maths (4h)
Score PISA 2022 473 474

* En France, les maths restent présentes au tronc commun en seconde, mais deviennent optionnelles dès la première pour les élèves qui ne choisissent pas la spécialité mathématiques.

22 lycées français en Espagne : le programme maths à l’étranger

L’Espagne accueille le plus grand réseau d’établissements français d’Europe. 22 lycées et écoles rattachés à l’AEFE (Agence pour l’Enseignement Français à l’Étranger) scolarisent environ 62 000 enfants. Le Lycée français de Madrid, avec 4 360 élèves, détient le titre de plus grand établissement français à l’étranger en Europe.

Le double calendrier des familles françaises en Espagne

Les familles françaises en Espagne — environ 270 000 inscrits au consulat, probablement plus de 400 000 en réalité — vivent une situation particulière. Leurs enfants suivent le programme français (maths incluses) mais respectent en partie le calendrier espagnol.

Les établissements AEFE en Espagne adaptent leur calendrier. Ils intègrent certains jours fériés espagnols (nationaux et régionaux) tout en conservant la structure pédagogique française. Le résultat : un calendrier hybride, ni tout à fait français, ni tout à fait espagnol.

Concrètement, un élève du Lycée français de Madrid suit le programme de maths français (spécialité maths, maths complémentaires, maths expertes) mais bénéficie des fêtes madrilènes du 2 mai, du 15 mai (San Isidro) et du 9 novembre (Almudena). Il gagne des jours de repos que ses camarades parisiens n’ont pas.

Le programme maths dans les lycées AEFE

Les 22 établissements français en Espagne suivent strictement le programme de l’Éducation nationale française. Les épreuves du bac sont identiques à celles passées en métropole. Les sujets de spécialité maths sont les mêmes, les barèmes aussi.

Cette uniformité pose un défi logistique. Le décalage calendaire peut signifier que les élèves des lycées AEFE en Espagne ont moins de jours de cours effectifs pour couvrir le même programme. Les enseignants doivent alors adapter leur rythme. Ils compriment parfois certains chapitres ou suppriment des exercices d’entraînement pour boucler le programme dans les temps.

Malgré cette contrainte, les résultats du bac français dans les lycées AEFE d’Espagne restent élevés. Le taux de réussite dépasse régulièrement 95 %, avec une proportion de mentions supérieure à la moyenne nationale française. Le recrutement sélectif de ces établissements et l’implication des familles expatriées expliquent en partie ces performances.

Faisons le calcul. Si le lycée français de Madrid accorde 3 jours fériés régionaux supplémentaires, cela représente 3 × 4 heures = 12 heures de maths en moins sur l’année (pour un élève en spécialité à 4h/semaine). Sur un total d’environ 140 heures annuelles, c’est une réduction de 8,6 %. Non négligeable.

Réviser ses maths pendant les vacances en Espagne

Que vous soyez élève en lycée français, en établissement espagnol ou en vacances en Espagne, les périodes chômées sont l’occasion de consolider vos compétences mathématiques. Le summer learning loss montre que 2 à 3 mois sans pratiquer suffisent à perdre l’équivalent de 2 mois d’acquis.

Stratégie de révision par période

Vacances de Noël (22 décembre – 7 janvier) : 2,5 semaines. Moment idéal pour consolider les acquis du premier trimestre. Le premier trimestre espagnol, long de 15 semaines, génère une quantité massive de notions à digérer. Consacrez 30 minutes par jour aux exercices de révision. Sur 17 jours de vacances, cela représente 8,5 heures de maths. Suffisant pour revoir les chapitres clés.

Semana Santa (30 mars – 6 avril) : 1 semaine seulement. Concentrez-vous sur les points faibles identifiés au deuxième trimestre. Un exercice corrigé par jour suffit. 7 exercices en 7 jours : c’est un objectif réaliste et mesurable.

Vacances d’été (mi-juin à début septembre) : 11 semaines, le point critique. La recherche montre que la perte de compétences maths s’accélère après la 4e semaine sans pratique. La stratégie optimale : arrêter les maths pendant 3 semaines (repos mental), puis reprendre à raison de 20 minutes par jour pendant les 8 semaines restantes. Total : environ 19 heures de maths, réparties de manière à contrer le déclin.

Les ponts : des mini-pauses stratégiques

Les 4 ponts de 2026 offrent des pauses de 3 à 4 jours. Trop courts pour perdre des acquis, assez longs pour prendre du recul. Utilisez ces mini-pauses pour résoudre un problème de maths ambitieux : un exercice de concours, un problème ouvert, un défi logique.

Un seul problème complexe travaillé pendant un week-end prolongé vaut parfois plus que 5 exercices de routine faits en semaine. Le cerveau a besoin de temps pour procéder à la consolidation mémorielle. Les neurosciences appellent cela l’« effet d’espacement » : répartir l’apprentissage dans le temps améliore la rétention de 200 % par rapport à un apprentissage massé.

Ressources mathématiques accessibles depuis l’Espagne

Pas besoin de manuels dans la valise. Voici des approches gratuites et efficaces :

  • Les annales du bac français : tous les sujets sont disponibles en ligne. Un sujet complet = 4 heures de révision structurée.
  • Les exercices de la Selectividad : les épreuves espagnoles sont publiées par chaque communauté autonome. Comparer les sujets français et espagnols sur un même thème (intégrales, probabilités) est un exercice formateur.
  • Les Olympiades mathématiques : l’Espagne organise la Olimpiada Matemática Española, dont les problèmes passés sont librement accessibles.
  • Les exercices du quotidien : calculer le taux de change euro-livre pour un voyage à Gibraltar, estimer la surface d’une piscine en mètres carrés, convertir des températures Celsius-Fahrenheit pour des amis américains.

Le calendrier des révisions : un problème d’optimisation

Modélisons la rétention des connaissances. La courbe d’oubli d’Ebbinghaus suggère qu’on perd 70 % d’une information après 24 heures sans révision. Après une semaine : 80 %. Après un mois : 90 %. Mais chaque révision « recharge » la mémoire et ralentit le déclin.

Pour un élève en Espagne avec 11 semaines d’été, le calendrier optimal de révision suit une progression géométrique :

  • Révision 1 : 1 jour après la fin des cours
  • Révision 2 : 3 jours après R1
  • Révision 3 : 7 jours après R2
  • Révision 4 : 14 jours après R3
  • Révision 5 : 28 jours après R4

Total : 5 sessions en 53 jours, soit moins d’une par semaine. L’effort est minimal (20-30 minutes par session). Le gain en rétention est maximal. Cette méthode, appelée « répétition espacée », repose sur un modèle mathématique exponentiel de la mémoire.

FAQ : jours fériés en Espagne et mathématiques

Combien de jours fériés compte l’Espagne au total ?

L’Espagne compte 14 jours fériés par an : 10 nationaux fixés par décret royal, 2 régionaux choisis par chaque communauté autonome (jusqu’à 3 pour Madrid et la Catalogne), et 2 locaux décidés par chaque mairie. À titre de comparaison, la France compte 11 jours fériés nationaux, sans équivalent régional.

Les écoles françaises en Espagne suivent-elles le calendrier espagnol ou français ?

Les 22 établissements AEFE en Espagne appliquent un calendrier hybride. Ils suivent le programme scolaire français (contenu des cours, évaluations, baccalauréat) mais intègrent les jours fériés nationaux et régionaux espagnols. Les vacances scolaires sont généralement alignées sur le rythme espagnol, pas sur les zones A, B ou C françaises.

L’Espagne est-elle vraiment au même niveau que la France en maths ?

Selon PISA 2022, oui. L’Espagne a obtenu 473 points en mathématiques, contre 474 pour la France. L’écart d’un point est statistiquement non significatif. En 2003, la France menait de 26 points. Le rapprochement s’explique par un déclin français (−37 points) bien plus rapide que le déclin espagnol (−12 points) sur la période 2003-2022.

Pourquoi l’Espagne n’a-t-elle pas de vacances de Toussaint ni de février ?

Le système scolaire espagnol est historiquement organisé en 3 trimestres, sans les petites coupures intermédiaires du modèle français. La compensation se fait par des vacances d’été plus longues (11 semaines contre 8). Ce choix reflète une approche différente de la répartition du temps scolaire, privilégiant des blocs de travail continus et un long repos estival.

Comment éviter de perdre son niveau en maths pendant les 11 semaines d’été en Espagne ?

La méthode de répétition espacée est la plus efficace. Prenez 3 semaines de repos complet après la fin des cours. Puis révisez 20 minutes par jour, en espaçant progressivement les sessions : 1 jour, 3 jours, 7 jours, 14 jours, 28 jours entre chaque révision. Cinq sessions de 20 minutes suffisent pour maintenir 80 % de vos acquis sur l’ensemble de l’été. Complétez avec un exercice type bac ou Selectividad par semaine à partir d’août.

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